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En Libye, une conférence internationale pour consolider la transition à l’approche des élections

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Alors que le pays tente de tourner la page d’une décennie de chaos, une « conférence de soutien à la stabilité de la Libye » est organisée jeudi à Tripoli, en présence de représentants de nombreux pays étrangers, afin de consolider le processus de transition.

Tripoli accueille, jeudi 21 octobre, une « conférence de soutien à la stabilité de la Libye » en présence de représentants de nombreux pays étrangers pour consolider le processus de transition, à deux mois d’une élection présidentielle cruciale pour l’avenir du pays. 

Selon Tripoli, la secrétaire générale adjointe de l’ONU pour les Affaires politiques, Rosemary DiCarlo, et le chef de la mission onusienne en Libye, Jan Kubis, participeront à cette « conférence internationale ».

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a annoncé mercredi qu’il y participerait également.

Des représentants de l’Italie, l’Égypte, l’Arabie saoudite, de la Turquie, du Qatar, de l’Algérie, la Tunisie, le Tchad et le Soudan doivent également assister, selon l’agence de presse libyenne Lana.

La Libye tente de s’extraire d’une crise politique majeure qui perdure depuis la chute en 2011 de l’ancien régime de Mouammar Kadhafi.

Après des années de conflits armés et de divisions entre l’Est et l’Ouest, un nouveau gouvernement intérimaire a été désigné en début d’année, sous l’égide de l’ONU, pour sortir le pays d’un conflit internationalisé en le menant jusqu’à une élection présidentielle cruciale fixée au 24 décembre.

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« Souveraineté »

Cette conférence vise à « mobiliser les soutiens nécessaires, de manière transparente et équitable », à la tenue de ce scrutin, a affirmé la ministre libyenne des Affaires étrangères, Najla al-Mangoush.

Pour la communauté internationale, la priorité est la tenue de ce scrutin décisif mais entouré d’incertitudes, du fait des fortes dissensions internes.

L’un des enjeux sera de « capitaliser sur la dynamique actuelle pour voir la Libye se stabiliser, parce que plusieurs pays veulent en fait voir une Libye stable, même si c’est à leurs propres conditions », décrypte pour l’AFP Emadeddin Badi, expert à la Global Initiative basée à Genève.

Un autre enjeu sera de « capitaliser sur le processus de Berlin (une conférence internationale sur la paix en Libye, NDLR), car une partie de la raison d’être de cette conférence est qu’il s’agit d’une version libyenne du processus de Berlin », poursuit-il.

Alors que le conflit libyen a été largement alimenté par des puissances extérieures, Tripoli souhaite par ailleurs à travers la rencontre « mettre l’accent sur la nécessité de respecter la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Libye », selon Najla al-Mangoush.

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« Commandement unique »

La rencontre abordera ainsi l’épineuse question des mercenaires. En décembre dernier, l’ONU faisait état de quelque 20 000 mercenaires et combattants étrangers présents en Libye : des Russes du groupe privé Wagner, des Tchadiens, Soudanais, Syriens… Mais aussi plusieurs centaines de militaires turcs présents en vertu d’un accord bilatéral conclu avec l’ancien Gouvernement d’union nationale.

Quelques départs « très modestes » ont depuis été constatés, d’après Tripoli. Début octobre, des délégations militaires des deux camps rivaux libyens ont convenu d’un « plan d’action global » pour leur retrait, sans avancer de calendrier.

La présence des « mercenaires, combattants et forces étrangères constitue une menace non seulement pour la Libye, mais pour toute la région », selon la cheffe de la diplomatie libyenne.

Autre point de discussion, l’unification de l’armée « sous un commandement unique ». Car si en théorie, le pays dispose désormais d’un pouvoir unifié, la région orientale de Cyrénaïque est contrôlée de facto par le maréchal Khalifa Haftar, lui-même candidat probable à la présidentielle.

Dans l’ouest du pays, l’un des principaux enjeux sera le « démantèlement et l’intégration des éléments armés non impliqués dans des actes terroristes et criminels », a déclaré Najla al-Mangoush.

Avec AFP


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