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l’Algérie et Nice lancent le conflit sur la mise à disposition des joueurs


Le sélectionneur algérien, Djamel Belmadi, a vivement critiqué le choix d’Andy Delort de se mettre en retrait de l’équipe nationale, alors que la Coupe d’Afrique va débuter en janvier au Cameroun. L’entraîneur, champion en titre, fustige l’attitude dans ce dossier de l’OGC Nice, le club de Ligue 1 où évolue désormais l’attaquant.

À trois mois de la CAN-2022 au Cameroun, le torchon brûle déjà entre les clubs européens et les sélections africaines. Le sélectionneur de l’Algérie, Djamel Belmadi, a allumé la première mèche autour du cas d’Andy Delort, qui souhaite privilégier son intégration dans son nouveau club de Ligue 1, l’OGN Nice, plutôt que de jouer avec les Fennecs.

L’absence de l’attaquant niçois dans la liste communiquée par Djamel Belmadi, le 2 octobre, en vue des deux matches qualificatifs contre le Niger pour le Mondial-2022 avait surpris, alors que Delort a inscrit quatre buts depuis son arrivée à Nice cet été.

« Il était dans cette liste (pour jouer contre le Niger, NDLR) comme dans toutes les listes depuis qu’il est Algérien. De facto, il n’est plus sélectionnable. Peut-être dans un an, peut-être avec quelqu’un d’autre, je n’en sais rien. Les choses sont évidentes pour moi en tout cas », avait alors commenté de manière agacée Djamel Belmadi. « Il m’a envoyé un message en me disant qu’il voulait mettre l’équipe nationale entre parenthèses pendant un an. (…) J’ai fini par avoir une discussion avec lui, je lui ai reproché le fait de prendre une telle décision. C’était très houleux, je lui ai signifié que ce n’est pas de cette manière qu’on agit. »

Les champions africains en titre se sont aisément passés des services du néo-Niçois. Ils ont remporté leurs deux confrontations contre le Niger, inscrivant 10 buts et n’en concédant qu’un, pour signer leur 30e et 31e match consécutif sans défaite.

Belmadi rancunier

Connu pour ne pas mâcher ses mots, Djamel Belmadi en a remis une couche, jeudi 14 octobre, sur RMC Sports.

« C’est ou de la grosse stupidité, ou le culot qui n’a pas de limite. Il me parle de la concurrence à Nice mais il n’accepte pas celle qu’il y a en équipe nationale », a notamment lâché le sélectionneur. « Donc nous on va jouer sous 40e au Niger, dans des conditions exécrables, on va se taper dans toute l’Afrique pendant une campagne de qualifications qui est un peu un enfer, et quand tout est fait, quand tout est réglé, le monsieur revient comme une petite mariée : ‘C’est bon je suis dispo maintenant ?’ C’est doublement nous manquer de respect. »


Djamel Belmadi a clairement fait comprendre qu’il ne ferait plus appel aux services de l’attaquant franco-algérien tant qu’il serait en poste. Avant cette nouvelle sortie du coach algérien, Andy Delort n’a pas cherché à s’excuser, demandant simplement de la compréhension.

« Je vais avoir 30 ans dans deux jours et je suis à un moment charnière : je viens d’arriver dans un club où l’exigence et la concurrence sont beaucoup plus élevées, je veux mettre toutes les chances de mon côté. J’espère simplement que mon choix sera compris, les gens savent que je suis quelqu’un d’entier, qui donne toujours tout. Ce choix est important pour moi cette saison, mais je ne prends pas ma retraite internationale », a simplement commenté Andy Delort dans une interview à l’Équipe.

L’attitude de l’OGC Nice en question

« Je lui ai dit que ce n’est pas comme ça qu’on fait, ‘tu as affaire à une nation, un pays qui t’a ouvert les bras’. Je l’ai blâmé lui et son club », a tempêté le coach algérien.

Car outre l’attitude de l’attaquant, Djamel Belmadi vise surtout son club qu’il accuse de retenir ses internationaux. Il affirme s’être entretenu avec Julien Fournier, directeur sportif de l’OGCN qui, selon ses dires, conseillerait à ses joueurs de ne pas se rendre à la compétition reine de l’Afrique : 

« Je lui ai [répondu] : ‘Sur le plan éthique, ce que vous faites est dégueulasse, vous ne respectez pas les pays, les sélections et le continent africain. Si c’est qu’oral, vous faites ce que voulez, mais sur le plan éthique je n’aime pas ce que vous faites' », raconte le sélectionneur algérien.

Nice aurait tenté de dissuader un autre international algérien, le latéral Youcef Atal, mais aussi Mario Lemina, international gabonais. Selon le coach algérien, la question a également pesé dans les discussions entre les Aiglons et le recordman de buts des Fennecs, Islam Slimani, pour un éventuel transfert durant l’été.

« Slimani a répondu : ‘Même pas en rêve’ (…) Chacun met son amour pour son pays au curseur qu’il veut », le félicite Djamel Belmadi.

Vers un conflit entre clubs et sélections africaines ?

Légalement, les clubs sont obligés de libérer leurs joueurs pour les matches internationaux ayant lieu sur les dates balisées par la Fifa. Ce n’est pas le cas par exemple pour les Jeux olympiques, et c’est pourquoi plusieurs clubs, à l’image de l’OGC Nice, avaient refusé de libérer les joueurs appelés à disputer les JO de Tokyo. 

Malgré ce règlement, la question de la libération des internationaux resurgit à chaque Coupe d’Afrique des nations. Disputée traditionnellement tous les deux ans en hiver – à l’exception de la parenthèse de 2019 dans l’étouffante chaleur estivale égyptienne –, la compétition tourne souvent au casse-tête pour les clubs, de Ligue 1 notamment. En 2015, le championnat français avait fourni 52 joueurs, 34 en 2017 et 86 en 2019.

Dès lors, il est tentant pour les clubs de vouloir retenir les joueurs en leur mettant la pression. Si Belmadi évoque une clause anti-CAN dans certains contrats à Nice, la direction dément fermement.

La cuvée 2022 au Cameroun ne fera pas exception. Saint-Étienne, déjà bon dernier de Ligue 1, pourrait perdre la moitié de son équipe-type. La même situation s’applique à Metz. La totalité des formations françaises sont susceptibles de perdre un ou deux éléments.

« Si on nous pose la question, évidemment que nous préférons qu’il reste à Nice. Comme la plupart des autres clubs. Mais on a toujours montré le plus grand respect pour l’Afrique et ses sélections, et Djamel Belmadi parle certainement sous le coup de la colère. Pour la CAN, il y a la problématique du calendrier, mais chaque joueur est libre ou pas d’y aller. Ça les regarde », s’est défendu Julien Fournier dans l’Équipe.

Le problème de la libération des internationaux est revenu avec insistance ces derniers mois en raison de la pandémie de Covid-19. À chaque session de matches internationaux, plusieurs clubs, à commencer par ceux de Premier League anglaise, traînent des pieds pour libérer les internationaux, à cause notamment des contraintes de quarantaine. Avec l’arrivée de la CAN, le bras de fer avec les sélections africaines ne fait probablement que commencer.




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