Le chanteur Koffi Olomidé nie les accusations d’agressions sexuelles lors de son procès en appel

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Le célèbre chanteur de rumba congolaise Koffi Olomidé a réfuté toutes les accusations d’agressions sexuelles et de séquestration qui le visent lors de son procès en appel, lundi, au tribunal correctionnel de Versailles. 

« C’est faux, c’est tout faux ! » : devant la cour d’appel de Versailles, la star de la rumba congolaise Koffi Olomidé s’est vivement défendu, lundi 25 octobre, des accusations d’agressions sexuelles et séquestration de quatre de ses anciennes danseuses lors de tournées en France.

À 65 ans, le chanteur à la renommée internationale, barbe grisonnante et pull blanc, s’est pour la première fois expliqué en public sur les charges qui pèsent sur lui, alors qu’il n’avait pas assisté à son premier procès en 2019 devant le tribunal correctionnel de Nanterre.

Il avait été condamné en première instance à deux ans de prison avec sursis pour « atteinte sexuelle » sur l’une de ces jeunes femmes, déclarée mineure au moment des faits, et relaxé pour l’essentiel des autres charges qui pesaient contre lui.

Le ministère public, qui avait requis sept ans d’emprisonnement ferme, avait fait appel.

Le jugement de 2019 « laisse perplexe à certains égards », a estimé, lundi, la présidente de la cour, au début du procès en appel, suscitant l’approbation des conseils des parties civiles.

Invitées à s’installer au premier rang, les quatre plaignantes, toutes de noir vêtues, écoutent consciencieusement la présidente lire le long rapport d’enquête.

Ces quatre femmes congolaises, qui ont déposé plainte entre 2007 et 2013, accusent Koffi Olomidé de les avoir enfermées dans un pavillon gardé près de Paris, lors de ses tournées françaises, et de les avoir forcées à avoir des relations sexuelles avec lui, de façon régulière pour certaines.

À la barre, de sa voie grave, peu audible, mais d’un ton assuré, coupant parfois la présidente, Koffi Olomidé balaie l’accusation de séquestration, en assurant qu’elles « allaient sur les Champs-Élysées » et que parfois « elles demandaient qu’on les accompagne », alors qu’elles ont affirmé à l’instruction qu’elles étaient escortées contre leur gré.

« C’est du cinéma »

Le chanteur a cependant reconnu qu’il avait un « droit de regard » sur leurs sorties car « au Congo, ils ont tous le rêve français ». Il a plaidé qu’il devait vérifier qu’elles ne cherchaient pas à rester en France à l’issue de la tournée parisienne.

Elles avaient raconté pendant l’enquête s’être finalement échappées du logement en juin 2006 avec une corde de drap après avoir endormi les gardes à l’aide de somnifères.

« C’est du cinéma, ça, Madame », a assuré à la barre le chanteur, de son nom d’origine Antoine Agbepa Mumba. « Le retour au Congo était imminent, elles savaient qu’on allait repartir au Congo », elles voulaient donc rester en France à tout prix, a-t-il affirmé.

Deux autres hommes, proches du chanteur, sont également rejugés, accusés de complicités. L’un d’eux – qui évoque aussi des « mensonges » des parties civiles afin de rester en France – a reconnu qu’il était « obligé » de les suivre lorsqu’elles sortaient du pavillon, car « elles ne connaissaient pas la route », pour faire les courses par exemple, a-t-il dit.

Dans leur récit au juge d’instruction, les quatre jeunes femmes avaient également raconté que le chanteur les faisait venir parfois à l’hôtel, parfois en studio d’enregistrement, pour les forcer à avoir des rapports sexuels avec lui.

« C’est faux, c’est tout faux », s’est écrié à la barre M. Olomidé, « à aucun moment je n’étais seul avec ces filles », s’est-il évertué à répéter.

« Comment vous pouvez faire l’amour dans un studio ? J’hallucine ! Il y a des ingénieurs du son, il y a des assistants… Ça existe pas ! », a-t-il lancé à la cour.

Il a aussi vivement rejeté les accusations de mauvais traitements pour lesquelles il est également renvoyé. « Je suis fier d’avoir des danseuses qui gagnent 600 euros » par tournée, a-t-il dit.

L’audience devait se poursuivre en soirée, lundi, avec l’audition des parties civiles.

Avec AFP


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