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Londres ne comprend que le « langage de la force », déplore Paris

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Le gouvernement hausse le ton, jeudi, dans son contentieux sur la pêche qui l’oppose au Royaume-Uni. Le secrétaire d’État au Affaires européennes, Clément Beaune, a affirmé que la France devait désormais « parler le langage de la force », tandis que la ministre de la Mer, Annick Girardin, a appelé la Commission européenne à faire respecter les accords du Brexit.

Le gouvernement de Boris Johnson ne comprend que le « langage de la force », a déploré, jeudi 28 octobre, Clément Beaune, le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, après l’annonce par Paris de mesures de rétorsion contre Londres dans le conflit sur la pêche.

« Maintenant il faut parler le langage de la force parce que je crains que malheureusement, ce gouvernement britannique-là ne comprenne que cela », a lancé Clément Beaune sur la chaîne CNews. « J’ai l’impression qu’ils ont compris qu’il fallait revenir à la table de discussions. Mais s’ils ne le font pas, on continuera », a-t-il ajouté.

« Nous n’aurons aucune tolérance, aucune complaisance. […] On ne peut pas être dans un climat de confiance avec un partenaire qui ne respecte pas les règles », a également affirmé Clément Beaune.

Les tensions entre Paris et Londres autour de l’octroi de licences de pêche dans les eaux britanniques ne cessent de s’accentuer. Mercredi, la France a annoncé l’entrée en vigueur début novembre de « mesures ciblées » visant notamment les navires de pêches et les importations britanniques. À compter du 2 novembre, les navires de pêches britanniques auront interdiction de débarquer dans des ports français désignés, et les contrôles de sécurité seront systématiques.

La Commission européenne « doit travailler davantage à faire que le Royaume-Uni soit au rendez-vous de ses engagements », a déclaré jeudi matin la ministre de la Mer, Annick Girardin, sur RTL, un peu plus de trois semaines après un appel similaire du Premier ministre, Jean Castex.

>> À lire aussi : Pêche, protocole nord-irlandais : les points d’achoppement post-Brexit persistent

« Nous souhaitons que la Commission européenne réunisse le conseil de partenariat – c’est-à-dire les signataires – pour signifier au Royaume-Uni qu’il ne respecte pas son accord et donc que des mesures de rétorsion pourront être prises », a-t-elle ajouté.

« Ce n’est pas la guerre, c’est un combat. Les Français et les pêcheurs ont des droits, il y a eu un accord de signé nous devons faire appliquer cet accord », a-t-elle insisté.


Le ministère de la Mer a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi la verbalisation de deux navires anglais en action de pêche dans les eaux françaises par la gendarmerie maritime, qui dérouté le premier vers Le Havre.

« Cette opération s’inscrit dans le cadre du durcissement des contrôles dans la Manche, dans le contexte des discussions sur les licences avec le Royaume-Uni et la Commission européenne », était-il indiqué dans le communiqué.

L’un des navires verbalisés ne figurait pas sur les listes de licences accordées au Royaume-Uni par la Commission européenne et la France, il a été dérouté vers le Havre par la gendarmerie. L’autre a été verbalisé pour entrave au contrôle après avoir refusé d’obtempérer à la demande de montée à bord des gendarmes maritimes.

Avec AFP et Reuters




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